Notre potager en permaculture
On parle souvent de potager respectueux de l’environnement, de cultiver de façon responsable, de faire de l’agriculture raisonnée… Mais qu’est-ce que tout cela signifie ? Et surtout comment Brut est parvenu à développer son propre potager d’un demi-hectare sur notre cher et tendre territoire belge ?
Le modèle de Fortier
Le québécois Jean-Martin Fortier a basé son modèle sur la maximisation et l’organisation d’une « petite » parcelle de terre pour y faire pousser des fruits, des légumes et des aromates. Le respect de l’Humain, de l’environnement et de la biodiversité sont les trois piliers de ce type d’agriculture. Avec le principe qu’il nous partage, plus besoin d’avoir recours à des tracteurs, à des engrais chimiques ou encore à des pesticides. C’est une agriculture à échelle humaine qui permet de nourrir un grand nombre de personnes. En effet, un hectare de terre peut approvisionner plus de 200 personnes.
Si vous faites un rapide calcul, avec notre demi-hectare, nous pourrions nourrir environ 100 personnes, soit la capacité de couverts de nos deux restaurants en un jour. Actuellement, nous parvenons à fournir nos restaurants à hauteur de 60% et nous visons les 80% d’ici fin 2023.
Pour aller plus loin, nous récupérons les déchets organiques de nos restaurants pour faire un compost qui sert à notre potager. Au final, nous créons un mécanisme circulaire. La terre nous offre ses plus belles créations et nous tentons de le lui rendre en lui apportant les compléments dont elle a besoin.
L’organisation que prend ce type de potager est assez fascinante, d’une part par sa beauté et d’autre part par la diversité qu’elle a à offrir malgré sa taille. En effet, il est possible de développer ce type d’agriculture sans posséder un grand nombre d’hectares ou de machines dernier cri. Selon une étude menée par l’INRAE (l’Institut National de recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement) et AgroParisTech, travailler à la main avec des outils très simples permet de gagner beaucoup en productivité au mètre carré. Ce qui implique qu’en produisant autant sur 1/10e d’hectare que sur un hectare, ça libère 9/10e d’hectare pour des espaces beaucoup plus naturels.
On peut même développer ça en ville, comme nous l’avons fait… Notre potager représente une source inlassable d’inspiration et d’apprentissage du vivre avec la nature.
Silence, ça pousse…
Nous cultivons des légumes, des fruits (avec plus de 70 petits fruitiers), des aromates et des fleurs selon les saisons. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, vous pouvez aussi lire notre article : Pourquoi manger des fruits & légumes de saison ?.
Local et de saison, certes… Mais exotique quand même ! Nos recherches et nombreuses discussions avec nos chefs cuisiniers nous ont permis de créer des goûts exotiques, tout en respectant les produits du terroir belge.
Nous y avons aussi trouvé l’avantage de pouvoir cultiver 10 mois sur l’année (de mars à décembre). Grâce à ça, nous pouvons assurer une diversité dans les produits que nous cultivons au gré des saisons.
C’est le retour en avant
– Jean-Martin Fortier
L’avenir de ce modèle est prometteur. Comme son créateur le dit, c’est un retour en avant ! Il permet de cultiver dans le respect et avec une perspective d’avenir. Il appelle ça « l’écologie appliquée ». La multiplication des petites agricultures, c’est un avenir envisageable.
En effet, selon l’ONU, ce sont les fermes familiales qui nourrissent le monde et non l’industrie de l’agriculture, comme on pourrait le penser à tort.
C’est un modèle qui permet de nourrir la communauté. Pour reprendre les mots de Monsieur Fortier : « C’est une ferme à la fois, une communauté à la fois ». Il n’y a là aucune prétention démesurée ou projet à trop grande échelle.